• Voici un souvenir cruel par Jacques Guillemain

    Voici un souvenir cruelv

      J’ai lu l’appel de Bernard Cazeneuve invitant les maires de France à accueillir le mieux possible les migrants qui souhaitent s’installer en France. J’ai entendu l’appel des artistes demandant que les pays occidentaux et les monarchies du Golfe assument leur devoir d’asile, en ouvrant leurs frontières et leurs bras aux réfugiés qui fuient la guerre et la barbarie. J’ai noté l’appel de la CGT à défendre le droit d’asile et à respecter la Convention de Genève. J’ai vu les milliers de manifestants qui se mobilisent dans toute la France pour venir en aide aux populations en détresse.

    Humanité, solidarité, générosité, fraternité, assistance, tradition d’accueil et droits de l’homme sont dans la bouche de toutes nos élites depuis la découverte du corps du petit Eylan, échoué sur une plage de Turquie. Partout, l’émotion est à son comble.

    Mais si tout cela me parait bien légitime, je ne peux m’empêcher de ressentir une grande amertume en pensant à l’accueil que la France avait réservé aux rapatriés d’Algérie en 1962. Pour eux,  il ne fut pas question d’humanité, de solidarité ou de fraternité. Encore lycéen à l’époque, je n’ai pas vu de mobilisation des maires pour les accueillir. Je n’ai pas entendu d’appel des artistes pour soulager leur détresse. Je n’ai pas souvenir de défilés pour défendre nos traditions d’accueil et leur venir en aide. Pourtant, non seulement ils étaient Français, mais eux aussi fuyaient la guerre et la barbarie, puisque les accords d’Evian n’ont jamais été respectés par le FLN. Pieds-noirs et harkis furent tout simplement abandonnés par les pouvoirs publics et les Français de métropole.

    Qui se souvient des odieuses paroles du maire de Marseille, Gaston Defferre ?

    “Ils fuient. Tant pis ! En tout cas je ne les recevrai pas ici….. Qu’ils aillent se faire pendre où ils voudront. En aucun cas je ne veux des pieds-noirs à Marseille.”

    Et, comble de l’ignominie, cette phrase abjecte :

    “Français d’Algérie, allez vous réadapter ailleurs. Il faut les pendre, les fusiller, les rejeter à la mer…Jamais je ne les recevrai dans ma cité”.

    Quant à Louis Joxe, le ministre négociateur des accords d’Evian, il ne fut pas en reste. “Les  pieds-noirs  vont inoculer le fascisme en France….Il n’est pas souhaitable qu’ils s’installent en France. Il vaudrait mieux qu’ils aillent en Argentine, au Brésil ou en Australie”.

    Pompidou voulait les envoyer en Amérique du Sud alors que de Gaulle préférait la Nouvelle-Calédonie ou la Guyane, terres de pionniers.

    Sans oublier la CGT, qui ne trouvait rien à redire quand ses dockers jetaient dans le port de Marseille les caisses des rapatriés, seul bien qu’ils avaient pu sauver au cours de leur exode. Il est vrai qu’à l’époque, l’URSS soutenait le FLN, dans l’espoir de chasser les Français et d’implanter son influence dans tout le Maghreb….

    Selon un sondage de 1962, pour 62% des métropolitains, il n’était pas question de sacrifice pour aider les Français d’Algérie, rendus responsables de la guerre et des nombreux morts parmi les appelés du contingent.

    Telle fut la véritable “tradition d’accueil” que la France réserva à ses propres ressortissants, il y a plus de cinquante ans ! Une sinistre page d’histoire qui n’honore pas nos élites de l’époque et qui contraste amèrement avec les manifestations de générosité déployées aujourd’hui envers les migrants étrangers.

    Pour beaucoup de métropolitains, les pieds-noirs n’étaient pas Français. Pourtant ils n’avaient fait que servir les intérêts de la république depuis 1830, transformant les marécages en jardins, éradiquant les épidémies de typhus, de choléra et de peste. En 132 ans de présence, à force de courage et de volonté, ils avaient fait pousser partout des villes magnifiques, des ports, des écoles, des voies ferrées, des hôpitaux, faisant des trois départements algériens le pays le plus moderne de tout le continent africain avec l’Afrique du Sud. Personne n’a jamais autant aimé l’Algérie que les pieds-noirs. Hélas, la dictature du politiquement correct a fait table rase de ce bilan exceptionnel, ne gardant que l’image caricaturale du colon avide, faisant suer le burnous aux indigènes. Il est vrai que le terrorisme intellectuel n’est pas à un mensonge près, même s’il salit la France…

    Les Français de 2015 se veulent la patrie des droits de l’homme et des valeurs humanistes, évoquant l’accueil réservé de tous temps aux populations persécutées. Russes, chassés par la révolution bolchévique de 1917, Espagnols fuyant Franco, Arméniens victimes du génocide turc, Chiliens, Bosniaques ou boat people vietnamiens…. Mais ils ont oublié qu’en 1962, ils n’ont même pas été capables d’accueillir dignement leurs propres compatriotes, lesquels n’avaient pourtant d’autre choix que “la valise ou le cercueil”.

    Heureusement, dans leur malheur, les pieds-noirs sont arrivés en plein boom économique des Trente Glorieuses. Courageux et travailleurs, ils ne mirent pas longtemps à s’adapter et à contribuer fortement à notre croissance.

    Qu’ils en soient remerciés, car ces battants qui avaient défriché les terres hostiles d’Algérie pour en faire un verger, ont été et sont toujours une réelle richesse pour la France.

                         Jacques Guillemain

    ************************************

      Je confirme l'écriture de Mr Jacques Guillemain car ma famille a subi cette épreuve douloureuse. Ils n'ont pas pu récupérer ni les meubles, ni les valises à Marseille.  [Hors Service]

     Ainsi que les véhicules avec obligation de les laisser sur les parkings des ports d'Algérie. Et oui, encore info cachée.

    Voici un souvenir cruel par Jacques Guillemain

     

    Pour info : Dans notre famille, nous étions pas des colons mais, ouvriers et fonctionnaires

         Un grand merci à Mr Jacques Guillemain

                                                 René 

    Voici un souvenir cruel par Jacques Guillemain

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 15 Avril 2016 à 09:23

    Il y a beaucoup de choses très justes dans cet article.

    La Corse a accueilli beaucoup de pieds noirs, en particulier sur la plaine orientale.A l'heure actuelle l 'intégration st réelle  et que je sache il n'y a pas de problèmes.

    Bonne semaine.

      • Vendredi 15 Avril 2016 à 09:30

        Je confirme pour la Corse.

        René

    2
    Vendredi 15 Avril 2016 à 10:42

     

    Bonne journée

    René

    3
    Pozzi
    Vendredi 15 Avril 2016 à 12:47
    Qualifiés de français de seconde zone,les pieds noirs et les harkis furent les français de première ligne.
    4
    Vendredi 15 Avril 2016 à 13:32

    Merci pour ces infos, JL

    5
    Vendredi 15 Avril 2016 à 14:24

    Pour info, de 1958 à 1962 les communistes de France fournissaient en armes le FLN et ensuite l'ALN

    6
    Vendredi 15 Avril 2016 à 19:34

    bien contente de voir que depuis les mentalités ont changées, enfin pas toutes car certains rejettent encore ces migrants, par peur, par betise, par ignorance ???

    ça a du être terrifiant hein ! de tout temps y a eu des horreurs au final, ya que ces 30 glorieuses, ou on a eu la paix, et ou on etait loin d'imaginer que ça recommencerait , pas assez sur nos gardes finalement !

    esperons que plus jamais des atrocités existeront ..

    te souhaite un bon w.end, rené, je suis en vacances, bien contente, je t'embrasse flo.

    7
    Vendredi 15 Avril 2016 à 23:55

    Bonsoir René,

    moi j'étais en quatrième lorsque les premiers pieds noirs furent inscrits dans notre lycée.

    Moi j'ai de suite été attirée vers eux deux copines un copain, que j'ai retrouvés au lycée suivant en seconde et première. 

    Et j'ai de suite adoré le coucous, Maman avait acheté du Garbit et on s'est déjà régalé! Alors lorsque j'ai rencontré Georges et que nos familles se rencontrèrent, nous avons goûté un vrai coucous.

    Mais autour de moi dans l'ensemble ils ont été bien accueillis; il faut dire que j'étais un peur leader dans la classe alors les autres m'ont suivis.

    Je n'ai pas trop de mauvais souvenirs constatés de ce coté de la barrière.

    J'étais à l'époque à Bondy et ils habitaient certains des HLM comme moi. Nous c'était a crise des logement qui nous a conduit là... eux de même. 

    Une de mes copines pied noir habitait une maison, donc mieux que moi. Mais il n'y vait pas de ségrégation entre nous.

    Je suis désolée que tu aies eu un mauvais accueil des Français de métropole!

    Bon weekend et gros bisous à tous deux (une de mes copines s'appelait Josiane) 

    8
    Dimanche 17 Avril 2016 à 07:04

    Un grand merci René pour cet info. Mais reste encore le n° 99 toujours sur nos papiers administratif. A chaque foi ils disent que cela vient du service informatique. beurk Enfin belle excuse. sleep

    Bon week-end Serge

    9
    Dimanche 17 Avril 2016 à 07:48

    Un grand merci pour vos commentaires. Bonne journée à vous tous

    René

    10
    Dimanche 17 Avril 2016 à 09:42

    un bon dimanche rené, avec le soleil ça invite à la balade, je savoure mes vacances, gros bibi flo

    11
    Dimanche 17 Avril 2016 à 15:13

    On ne peut s'empêcher d'être amer en pensant à la manière dont les pieds-noirs ont été reçu et de voir maintenant que la France déroule presque le tapis rouge aux migrants. J'avais 16 ans et je n'oublierai jamais.

    Nous aussi étions des ouvriers.

    Bon dimanche. Bisous.    marie-claire

    12
    capitaine
    Mardi 19 Avril 2016 à 09:19

    tous n'étaient pas de riches colons ceux la il y avait longtemps qu'ils avaient engrangé dans des paradis fiscaux 'le monde ne change guér=c'était de personnes agés des ouvriers des fonctionnaires des gens simples et on les a rejeté le pire a été pour les harkis que  la france a lachement abandonnés et poutant ils avaient combattus à ses cotés  et maintenant on fait rentrer les loups dans la bergerie ,..........

    13
    Mardi 19 Avril 2016 à 12:12

    un très bon mardi rené, avec un beau soleil bien agréable, te souhaite une bonne journée bibi flo

    14
    artigues marie
    Samedi 7 Mai 2016 à 12:07

    je ne rajoute rien à tous vos commentaires celui de RENE , est juste plein de vérité , quelle souffrance . Notre accueil déplorable , les gens s'éloignaient de nous , j'avais 11 ans je m'en souviens comme si c'était hier . Le déchirement de mes parents tout laissé maison , nos défunts , toute notre vie .

    15
    Lecas Joelle
    Dimanche 8 Mai 2016 à 18:37

    je suis d'accord avec le mauvais accueil des métropolitains, puis ensuite des corses vis-à-vis des "colons".

    J'avais la chance d'arriver à Montpellier ou j'ai retrouvé une bande d'étudiants PN. mais à Nancy, quelle saloperie.

    On avait tous les défauts: arriérés,pas de là donc pas de contact. Merci, j'ai donné.

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :